Que nous reserve la Tunisie ?
2012-10-22
Bientôt 2 années auront passé depuis le jour où un jeune vendeur ambulant éclata la première étincelle augurant de la révolution tunisienne. Révolution qui donnera espoir aux peuples opprimés et fera des remous dans le monde entier, et surtout dans les pays avoisinants, d'où sa dénomination de printemps arabe.

Bientôt 2 années auront passé depuis le jour où un jeune vendeur ambulant éclata la première étincelle augurant de la révolution tunisienne. Révolution qui donnera espoir aux peuples opprimés et fera des remous dans le monde entier, et surtout dans les pays avoisinants, d'où sa dénomination de printemps arabe.

La Tunisie a poursuivi,  pendant ce temps, son petit bout de chemin. Parfois sous les feux de la rampe, parfois loin des regards. Parfois dans l’instauration de la démocratie, la liberté et les droits de l’homme, et parfois vers la radicalisation religieuse de la société, la division sectaire et le dénigrement des acquis de la femme.

En faisant sa révolution, ce petit pays, était tellement assoiffé de liberté et de démocratie, qu’il s’est engagé sur la route la plus difficile pour l’instauration de cette démocratie rêvée. Il a été en effet décidé, d’élire une assemblée constituante, qui aura la charge d’écrire une constitution et de former un gouvernement de transition pour gérer le pays et le mener à bon port au bout d’une année de temps, et ce a partir du 23 Octobre 2011.

Ces élections, et malgré la situation économique fragile, malgré l’afflux massif de centaines de milliers de réfugiés fuyant la guerre en Libye ont été menées à bien par le gouvernement transitoire de cette période. Quant aux résultats, ils ont donné une large victoire au parti Nahdha (parti islamiste) et une défaite cuisante aux partis de gauche, laïcs et démocratiques.

Si pour certains la victoire du parti islamique est une surprise, pour ceux qui suivaient la Tunisie de prêt savaient qu’au vu de son existence depuis une trentaine d’années, sa structure et présence dans tout le pays, sa grande machine financière et sa couverture médiatique par Al Jazeera, la victoire de Nahdha était assurée. Les surprises étaient surtout du cote du PDP (Parti Démocratique Progressiste) et de son naufrage (5 sièges)   ainsi que de la montée d’une force politique qu’on ne soupçonnait guère jusqu’ici la Pétition Populaire. Ainsi et au vu de ces résultats les sièges dans l’ assemblée étaient repartis de la manière suivante : Nahdha 89 sièges,  le CPR 29 sièges, la Pétition Populaire 26 sièges, le Takattol 20 sièges et le reste des 217 sièges ont été éparpilles sur les autres partis allant de 5 a 1 siège.

Sachant qu’elle était loin de réussir une majorité, la Nahdha s’est alliée au CPR (Congres Pour la République)  et au Takattol pour former une troïka qui s’est repartie les 3 présidences (République, Gouvernement et Assemblée) ainsi que tous les ministères du gouvernement. Au fil des semaines et des mois, la Troïka au pouvoir assura  une main mise totale sur toutes les institutions de l’état, et ce qui se devait être une transition réussie, se transforma en une course pour se départager le gâteau.
Le simple tunisien se trouva à faire face à une nouvelle dictature mille fois plus dangereuse et nuisible que celle de Ben Ali. En effet la Troïka au pouvoir dominée par Nahdha a commencé à instaurer une dictature religieuse, se basant sur la division entre musulmans (ceux qui la soutiennent) et mécréants (ceux qui s’opposent à ses idées et projets), s’aidant en cela : sur un laxisme énorme et étonnant de ses alliés le Tak et le CPR, ainsi que sur sa milice et branche armée composées de salafistes, de djihadistes et de simples voyous et criminels afin de terroriser le peuple et créer un climat d’insécurité et d’instabilité.

Pendant ce temps, l’opposition éparpillée pataugeait grave et le pauvre tunisien qui a fait sa révolution pour une meilleure vie s’est trouvé confronté à l’augmentation du taux de chômage, une situation économique en détérioration permanente, une inflation qui a doublé, un climat permanent d’insécurité et d‘instabilité, aucune visibilité de l’avenir, insalubrité et saleté dans les rues et a eu même droit à des coupures de courant et d’eau potable : choses qu’il n’a jamais eu a faire face dans le passé. En plus de ces problèmes, il constate impuissant que:  l’écriture de la constitution n’avance pas, que les élus se permettaient des salaires et émoluments très élevés au vu de la situation du pays, et un gouvernement malgré sa composition de plus de 70 ministres qui ne faisait rien à cause de son incompétence.
Dans ce marasme politique et social émergea une initiative qui se transforma par la suite en parti suite à la demande d’une grande frange de la population, qui  en avait assez de voir son pays filer droit vers l’anarchie et la dictature. Ce parti qui a réussit  à rassembler un bon nombre de gens de tendances diverses s’appelle NIDA TOUNES ou-bien l’Appel de la Tunisie et est présidé par le premier ministre qui a mené le pays vers les premières élections libre Beji Caid Essebsi. La création de ce parti a permit d’organiser et de restructurer la scène politique tunisienne. Ainsi et après le nombre faramineux de partis autorisés qui n’ont fait que disséminer les voix des électeurs, on assiste en ce moment à des concentrations, des fusions et des disparitions au profit d’un front plus fort.

Aussi maintenant la scène politique est plus claire et est composée principalement de:

* Nidaa Tounes : est entrain de faire un front commun avec le parti Jomhouri (fusion entre le PDP et Afek) et EL Massar :selon les derniers sondages en ligne il se place  à la première position dans les intentions de vote des tunisiens

* Nahdha qui a gagné les dernières élections mais qui voit sa notoriété baisser vu son incapacité à répondre aux demandes du peuple et honorer ses promesses électorales : malgré la baisse de notoriété, elle se positionne à la seconde place derrière  Nida Tounes

* Le Takattol : le grand perdant, à cause de sa servilité au parti le plus fort, à cause des promesses non tenues, Il  a perdu et ses électeurs et ses membres qui ont démissionné de leurs bureaux respectif. Selon ce même sondage, il obtiendrait 0% des intentions de vote.

* Le CPR : Il a eu une guerre fratricide et se retrouve scindé, lui aussi a perdu pas mal de ses membres et ne constitue plus une force politique.

* Le front popupaire de gauche : un nouveau front qui rassemble les partis ouvriers et est composé de 12 partis, il jouera un rôle important surtout dans les régions défavorisées.

* Tahrir : un parti salafiste qui regroupe les radicaux, selon les derniers sondages, il aura dans les 2%
En plus de ces partis politiques, il y a l’UGTT (l’Union Syndicale) qui joue un rôle primordiale dans l’absorption des tensions sociales .

A la fin, on ne pourrait passer sous silence le fait que le 23 Octobre 2012, le gouvernement actuel perdra toute légitimité, vu que l’assemblée était élue pour une année. Aussi et sous la pression de la rue, de la société civile et des partis de l’opposition le gouvernement a accepté de mettre en place une haute commission indépendante pour assurer les prochaines élections, et a même fixé la date du 23 Juin 2013 pour les prochaines élections, sauf que ces propositions ont été critiquées et rejetées par toutes les tendances car ces décisions sont venues sans consultations au sein de l’ assemblée, de même que cela revient à la commission de définir les dates possibles selon l’agenda qu’elle préparera.

C'est donc, dans ce contexte de fuite en avant de la Troika et de la mobilisation de la société civile et des partis de l’opposition avec la centrale syndicale,  que va se jouer «  la Tunisie de demain ».

Ce qui est sur le Tunisien a mûrit et ne se laissera pas faire.

auteur: Borhen Chair






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